Ô combien me plait cette belle idée d'un Hymne fait par des enfants pour des enfants !
Je trouve merveilleux que ceux qui ont la chance de bénéficier, dans notre société, desdits droits se battent pour faire entendre la voix de ceux qui ne les ont pas. Bravo à ces jeunes, félicitations pour leur générosité !
C'est d'autant plus appréciable que de nos jours ce n'est pas si courant. Les enfants gâtés rivés sur facebook ou leur e-phone communiquent avec le monde entier en direct si cela leur chante, mais ignorent l'existence de la privation, de la violence subies par les enfants du Monde entier, en dépit de la généreuse Convention Internationale ratifiée par 190 pays !?!
Victor Hugo a en quelque sorte déjà écrit un "hymne" à ces enfants, et c'est à tous ceux là que je pense quand je le lis :
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont de l’aube au soir faire éternellement.
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre Père, voyez ce que nous font les hommes ! »
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! Travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait –c’est là son fruit le plus certain !-
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! Qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux.
Malheureusement, ce texte qui date de 1856 (!) reste d'actualité...
Plus pour trop longtemps, j'espère.
Amicalement,
Cathy OLIVIER